Tournesols mutés résistants aux herbicides : des OGM clandestins…

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C’est lors de notre participation à la journée citoyenne organisée par le mouvement Colibris, à Prades dans le 66 que nous avons pu faire la rencontre du comité anti OGM du 66.

Les OGM, on commence à connaître. Le maïs MON810 a fait beaucoup parler de lui. Il fait encore aujourd’hui l’objet d’un moratoire (très fragile) en France. Cela n’empêche pas que le soja et maïs OGM rentrent toujours par millions de tonnes dans les ports français pour la nourriture animale ou sous la forme insidieuse de la lécithine pour la consommation humaine. Mais depuis quelques années on entend en plus, parler de VTH.

Voici les propos recueillis par notre équipe sur place auprès du Collectif anti OGM :

Les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) qu’est ce que c’est ?

Ce sont comme leur nom l’indique des variétés élaborées, par manipulations génétiques, pour les rendre tolérantes aux herbicides. Elles concernent pour le moment en Europe le maïs, le tournesol et bientôt le colza produites par les firmes Pionner et BASF.
Le maïs DUO system de BASF est tolérant à la cycloxydine. Cette tolérance est due à une mutation spontanée découverte dans les années 1980. Cette propriété a ensuite été introduite dans les hybrides de maïs.
Les tournesols (ExpressSun de Pionneer et Clearfield de BASF) sont issus de lignées rendues tolérantes aux sulfonylurées (Dupont dont Pioneer est une filiale) et aux imidazolinones (BASF). Ces herbicides appartiennent à la classe des inhibiteurs de l’ALS qui sont déjà largement utilisés sur les céréales. La tolérance à l’herbicide a été obtenue par mutagenèse.
Ces tournesols sont déjà largement cultivés en France et les colzas VTH, les mêmes Clearfied de BASF, apparaissent maintenant pour des essais et aussi pour la production de semences sur notre département et ailleurs en France.

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La mutagenèse qu’est ce que c’est ?

C’est un procédé de modification génétique consistant à exposer une plante ou une partie de plante à des radiations ionisantes, des UV ou des substances chimiques mutagènes en vue de modifier son génome. Contrairement à la transgenèse, il n’y a pas d’apport extérieur de matériel génétique mais un réarrangement provoqué du génome. On parle alors de mutagenèse provoquée ou incitée ou même aléatoire. De nouveaux caractères peuvent alors apparaître, comme par exemple la tolérance à un herbicide. Mais d’autres modifications génétiques peuvent également se produire (aléatoire !) et entraîner des effets délétères non intentionnels. Aucune évaluation n’est exigée car se sont des OGM…cachés !

Quels sont les risques alors ?

D’après leur promoteurs, ces technologies constituent une « révolution » dans la mesure où elles permettent de désherber en post-levée, c’est à dire une fois que la plante est levée(avec plusieurs feuilles apparents). En facilitant ainsi le désherbage par voie chimique, ces tournesols s’inscrivent complètement dans la logique productiviste du modèle agricole dominant. Pourtant, l’utilisation à grande échelle de plantes tolérantes aux herbicides depuis plus de 10 (plantes OGM tolérantes au RoundUP) s’avère catastrophique.

Lire les articles :

OGM, l’horreur de la Culture du Soja en Argentine
Les Champs de la Mort : Vidéo
Le côté obscur du soja

En France, le ministère de l’agriculture a autorisé  les herbicides qui vont avec ces tournesols mutés au début de 2009. Quelques mois plus tard (décembre 2009), il commandait une expertise à l’INRA et au CNRS sur les effets agronomiques, environnementaux et socio-économiques de ses fameux VTH. S’il n’y avait pas eu entre-temps quelques « inspections citoyennes », cette expertise n’aurait probablement pas été effectuée.

Elle a été publiée fin 2011 et se trouve être assez sévère vis à vis de ces technologies. Elle est disponible sur le site de l’INRA.

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Pour conclure OGM ou pas OGM ?

Au sens de la directive européenne 2001/18 qui réglemente les OGM dans l’union, les organismes issus de la mutagenèse provoquée sont des OGM mais ils sont exclus de son champ d’application ce qui les exempts de fait, des obligations d’évaluation, d’affichage et de demande d’autorisation propres à tout OGM.

Comment peut-on alors contrôler ces vraix-faux OGM ?

Hélas, il n’y a que la vigilance citoyenne qui pourra dénoncer ces malfaçons. Ces organismes peuvent ainsi être disséminés sans que personne ne soit au courant : clandestins, furtifs, cachés mais bien réels.

En fait cela permet surtout au firmes de faire la même chose qu’avec les OGM, breveter le vivant, mais sans avoir à supporter la longueur des test sur la santé et l’environnement, des procédures de demande d’autorisation d’essais, et les risques de refus par l’opinion.

Pour plus de renseignements : collectifantiogm66@voila.fr

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